Les Filles de Kandi

The Girls of Kandi, Benin, 2021

Les congés de Pâques font parties des rares moments de l’année où chacune des jeunes filles de l’internat de Kandi rentre dans leurs familles respectives.                            Certaines vivent à quelques kilomètres seulement, dans un village de brousse avoisinant, d’autres à plusieurs heures de là, comme à la frontière avec le Burkina Faso ou le Nigeria.
Les jours précédant le départ se remplissent par les préparatifs de ce retour aussi attendu que redouté. L’atelier de tresses d’un côté, les essayages de tenues de l’autre et la confection de savon liquide pour vendre au village : pas question de perdre l’esprit d’entrepreneuse durant cette parenthèse.
Avec l’argent gagné, elles iront à la rentrée déambuler dans le marché de Kandi, acheter des conserves de sauces tomates dont la carcasse sera conservée pour être transformée en cuillères de cuisine. Et si la récolte s’avère particulièrement bonne, elles lanceront leur dévolu sur un nouveau pagne au motif étourdissant.
Bariba, peul, mokolé… Ici, les diversités ethniques et religieuses sont une force qui se traduit par une solidarité omniprésente à chaque moment de la journée et chaque tâche qui en liée.

“Les Filles de Kandi” intègre un travail au long court sur le développement des jeunes femmes au Bénin et les enjeux liés à leur éducation. Cette série, fruit d’une proximité tissée au fil des années, est une immersion dans le quotidien d’un internat supervisé par des religieuses au nord du pays.

Easter break is one of the rare times of the year when each of the girls at the Kandi boarding school returns to their respective families. Some live only a few kilometers away, in a nearby bush village, others several hours away, such as on the border with Burkina Faso or Nigeria.
The days leading up to the departure are filled with preparations for this return, which is both expected and feared. The braiding workshop on one side, the fitting of outfits on the other and the making of liquid soap to sell in the village: no question of losing the entrepreneurial spirit during this interlude.
With the money earned, they will go to the market of Kandi to buy canned tomato sauces, the carcass of which will be preserved to be transformed into cooking spoons. And if the harvest proves particularly good, they will set their sights on a new loincloth.
Bariba, Peul, mokolé… Here, ethnic and religious diversity is a strength that translates into an omnipresent solidarity at each task of the day.

“Les Filles de Kandi” is part of a long term work on the development of young women in Benin and the issues related to their education. This series, the result of a close relationship woven over the years, is an immersion in the daily life of a boarding school supervised by nuns in the north of the country.