L'ALPHABÉTISATION, UN ENJEU POUR LES PEULS

Bénin, 2019-2021

Ces photographies ont été réalisées dans les villages peuls d’Alfakoara et de Youroukou, au nord du Bénin.

Sédentarisés depuis moins d’un siècle, les Peuls présents au Bénin sont arrivés depuis les pays limitrophes, ici du Nigéria et du Burkina Faso.

Depuis 2010 à Alfakoara et depuis 2020 à Youroukou, des écoles ont été créées au sein même du campement afin que les jeunes du village puissent bénéficier d’une éducation. Jusqu’alors, si les enfants étaient envoyés à l’école, c’était dans un établissement coranique où les familles préféraient prioritiser l’éducation leurs petits garçons plutôt que celles de leurs petites filles qui étaient destinées à travailler à la maison, à s’occuper des tâches ménagères, de leur pères et frères et ensuite de leur mari et enfants.

Ces générations de jeunes sont parmi les premières à connaître les bancs de l’école. Elles y obtiennent des clés essentielles à leur intégration dans la société ainsi qu’à l’appréhension de leur liberté.

L’alphabétisation des Peuls joue un rôle majeur pour leur inclusion sociale dans les régions où ils choisissent de se sédentariser où ils peuvent connaître des barrières importantes causés par les divergences de dialectes et de cultures.

L’accès à l’école pour ces petites filles est absolument primordial. L’éducation participe à repousser les mariages précoces et forcés ainsi qu’à diminuer le nombre d’enfants qui est en moyenne de dix pour une femme peule – ce qui est bien au dessus de la moyenne nationale béninoise de quatre enfants par femme en 2020.

Une petite fille qui va à l’école, c’est aussi augmenter considérablement les chances pour ses enfants d’y aller aussi un jour à leur tour.

LITERACY, A CHALLENGE FOR FULANI

Benin, 2019-2021

These photographs have been taken in Fulani villages of Alfakoara and Youroukou, located in North Benin.

Sedentary for less than a century, the Fulani in Benin came from neighboring countries, here from Nigeria and Burkina Faso.

Since 2010 in Alfakoara and since 2020 in Youroukou, schools have been created within the camp to offer the opportunity of the young people of the village to benefit of an education. Until then, if children were sent to school, it was more to Koranic institutions where families have been prioritising the education of their little boys rather than their little girls who were destined to work at home, to take care of their fathers and brothers and then their husbands and children.

These generations of young people are among the first to warm the school benches. There, they obtain keys to their integration into the society and to the apprehension of their freedom.

Literacy among the Fulani plays a major role in their social inclusion in regions where they settled, where they may experience significant barriers caused by differences in dialects and cultures.

Access to school for these girls is absolutely essential. Education helps to prevent early and forced marriages and to reduce the number of children, which is on average ten per Fulani woman – well above the Beninese national average of four children per woman in 2020.

A little girl who goes to school also considerably increases the chances that her children will also get that chance in return one day.

© Noémie de Bellaigue | 2022